Ce soir, Marseille, cette vaste amphore où se mêlent vents et mémoires, a reçu la visite d’une autre ville sœur, Lisbonne, venue en cortège d’odeurs et de musiques.
Le Consul général Álvaro Ribeiro Esteves, tourné vers l’horizon, a ouvert la porte de cette traversée, et la foule, fidèle à la grande fraternité des peuples, a franchi le seuil.
Pour la Fête nationale du Portugal, le Consul général Álvaro Ribeiro Esteves a transformé la Friche Belle de Mai en une ode à la lumière, à la générosité et à la « saudade », cette mélancolie douce qui colle à l’âme portugaise, invitant les Marseillais à partager le Bal de la Saint-Antoine, popularité et convivialité mêlées.
Sous un ciel accueillant le Mistral, la fête a pris des allures de voyage culinaire et musical, sardines grillées, ambiances folkloriques et un orchestre de l’Opéra de Marseille venu renforcer la palette sonore de la soirée. Le consul, qui confesse s’être « immédiatement senti chez lui » à Marseille, a rendu un vibrant hommage à la ville qui, dit-il, a « allégé ma saudade ». Son discours, empreint d’émotion, a salué le travail des équipes du consulat, remercié les enseignants de l’Institut Camões, les associations portugaises locales et les partenaires culturels et institutionnels, tout en rappelant les liens historiques et affectifs qui unissent les deux rives de la Méditerranée.
Le corps consulaire faisait cortège à cette célébration diplomatique et populaire: consuls honoraires, représentants d’ambassades amies (notamment ceux du Cap-Vert et de Saint‑Thomé) et collègues du consul général ont pris part aux échanges et aux hommages.
Leur présence a souligné l’importance de la communauté portugaise dans la région et le rôle du consulat dans l’accompagnement de près de 120 000 ressortissants répartis entre Marseille, Ajaccio et Nice.
La soirée a aussi été l’occasion de commémorations et de célébrations culturelles, des 200 ans du consulat aux hommages littéraires à Luiz Vaz de Camões, en passant par le souvenir de la Révolution des Œillets, rappelant que la fête n’est jamais seulement divertissement, mais transmission de mémoire et d’identité. Le consul a ensuite appelé à laisser la tristesse du départ « derrière nous » et à danser, comme à la Saint-Antoine de Lisbonne, au son d’un DJ lisboète invité pour l’occasion.
Dans ce fracas moderne et l’ombre grande des ports, les nations se tiennent par la main des hommes. Le corps consulaire, par sa présence, scelle ce pacte de solidarité et d’amitié, et Marseille, ce soir, se fit Lisbonne, en y ajoutant la lumière d’un autre univers.
Vive la fraternité des peuples, vive la mémoire qui relie, vive le Portugal, vive la France.
Crédits Texte ezt Photos: Isabelle Verna Puget Journaliste







